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Dossier technique amiante (DTA)

Le DTA repère les matériaux amiantés des parties communes des immeubles dont le permis est antérieur à juillet 1997, évalue leur état de conservation et fixe les mesures de suivi.

Cadre réglementaire

Qui est concerné
Les immeubles bâtis dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, à usage d'habitation collective, de bureaux, industriel ou recevant du public.
Qui ne l'est pas
Les maisons individuelles et les parties privatives des immeubles collectifs.
Objet du dossier
Identifier les matériaux et produits contenant de l'amiante, selon les catégories A et B du Code de la santé publique.
Tenue à jour
Le propriétaire actualise le dossier en fonction des travaux réalisés sur le bâtiment.
Mise à disposition
Les occupants, les employeurs, les médecins du travail et toute personne intervenant sur le bâtiment doivent pouvoir y accéder facilement.

À noterSeul un diagnostiqueur certifié, couvert par une assurance professionnelle, peut établir un dossier technique amiante.

Pourquoi l'amiante reste un sujet

L'amiante a été utilisé massivement dans la construction pour ses propriétés isolantes et sa résistance au feu. Il reste présent dans de nombreux bâtiments, souvent là où on ne le cherche pas : faux plafonds, cloisons, colles de revêtement, conduits, calorifugeages.

Ce n'est pas sa présence qui est dangereuse, c'est sa mise en circulation. Les fibres se libèrent lorsque les matériaux se dégradent, et surtout lorsqu'on intervient dessus. Une fois inhalées, elles provoquent des pathologies respiratoires graves qui se déclarent des décennies plus tard.

C'est ce décalage qui rend le dossier utile : il documente une fois pour toutes où se trouve l'amiante, de façon qu'une intervention de maintenance, un percement ou un chantier ne le découvre pas en le libérant. Un plombier qui ouvre une gaine sans savoir ce qu'elle contient prend un risque que le dossier aurait écarté.

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Ce que contient le dossier

Le repérage porte sur les matériaux des listes A et B du Code de la santé publique. La liste A couvre les matériaux les plus émissifs, flocages, calorifugeages et faux plafonds ; la liste B les matériaux dont l'amiante est plus lié, comme les dalles de sol, les conduits ou les enduits.

Pour chaque matériau repéré, le dossier ne se contente pas de signaler une présence : il indique sa localisation précise, son état de conservation et les mesures qui en découlent. C'est cette qualification de l'état qui commande la suite, du simple suivi périodique aux travaux de retrait.

  • Le repérage des matériaux et produits des listes A et B.
  • Leur localisation précise dans les parties communes et les locaux techniques.
  • L'évaluation de leur état de conservation.
  • Les préconisations qui en découlent : suivi, action corrective ou retrait.
  • Les rapports de repérage antérieurs et les travaux déjà réalisés.
  • La fiche récapitulative destinée aux occupants et aux intervenants.

Un dossier vivant, pas une archive

C'est la différence entre le DTA et un diagnostic ponctuel, et la source de la plupart des non-conformités constatées. Le dossier ne se termine pas à sa remise : il se tient à jour au fil des travaux, et chaque intervention sur un matériau repéré doit y être reportée.

Il doit également rester accessible. Un dossier rangé dans une armoire du syndic ne remplit pas son office : les occupants, les employeurs des entreprises intervenantes, les médecins du travail et les artisans doivent pouvoir le consulter sans démarche particulière. En pratique, c'est au moment où quelqu'un s'apprête à percer un mur qu'il doit être disponible.

La responsabilité de cette tenue à jour et de cette mise à disposition incombe au propriétaire, donc au syndicat des copropriétaires représenté par son syndic. Elle ne se délègue pas au diagnostiqueur, dont la mission s'arrête à l'établissement du dossier.

Déroulé de l'intervention

L'intervention se déroule en cinq temps. Sa durée dépend de la surface des parties communes et du nombre de prélèvements nécessaires.

  1. 01

    Collecte des pièces

    Permis de construire, plans, repérages amiante antérieurs, rapports de travaux et historique des interventions sur les parties communes.

  2. 02

    Repérage sur site

    Inspection des parties communes, des circulations, des locaux techniques, des gaines et des combles, à la recherche des matériaux des listes A et B.

  3. 03

    Prélèvements et analyses

    Lorsque l'identification visuelle ne suffit pas, prélèvement des matériaux douteux et analyse en laboratoire accrédité.

  4. 04

    Évaluation de l'état de conservation

    Qualification de chaque matériau repéré et détermination des mesures applicables : suivi, action corrective ou retrait.

  5. 05

    Remise et mise à disposition

    Dossier remis au syndic, accompagné de la fiche récapitulative destinée aux occupants et aux entreprises intervenantes.

Ce que vous recevez

  • PDF

    Dossier technique amiante

    Le document complet : matériaux repérés, localisation, état de conservation, préconisations et rapports d'analyse.

  • PDF

    Fiche récapitulative

    La synthèse à communiquer aux occupants, aux employeurs et à toute entreprise appelée à intervenir sur le bâtiment.

  • Plan

    Plan de localisation

    Le repérage reporté sur les plans de l'immeuble, pour situer chaque matériau sans avoir à relire le rapport.

  • Tableau

    Préconisations de suivi

    Les mesures à engager matériau par matériau, et les points à réexaminer lors des prochaines interventions.

Questions fréquentes

Notre immeuble est postérieur à 1997, sommes-nous concernés ?

Non, si le permis de construire a été délivré après le 1er juillet 1997. C'est bien la date du permis qui fait référence, et non celle de la livraison du bâtiment : un immeuble achevé en 1999 sur un permis de 1996 entre dans le champ du dossier technique amiante.

Le dossier couvre-t-il les appartements ?

Non. Le DTA porte sur les parties communes ; les parties privatives en sont explicitement exclues, au même titre que les maisons individuelles. Un copropriétaire qui engage des travaux chez lui ne peut donc pas s'appuyer sur le dossier de l'immeuble pour son propre logement.

Que se passe-t-il si de l'amiante est trouvé ?

Rien d'automatique. La présence d'amiante n'impose pas son retrait : ce qui commande la suite, c'est l'état de conservation du matériau. Selon cette évaluation, les mesures vont du suivi périodique à l'action corrective, jusqu'aux travaux de retrait pour les matériaux dégradés. Le dossier indique la mesure applicable pour chaque matériau repéré.

Le DTA suffit-il avant d'engager des travaux ?

Non, et c'est une confusion fréquente. Le DTA documente l'état du bâtiment en exploitation. Avant un chantier, un repérage avant travaux distinct est nécessaire : il est plus intrusif, va chercher l'amiante dans les zones qui vont être touchées, y compris derrière les parements, et conditionne les modes opératoires des entreprises.

Qui doit pouvoir consulter le dossier ?

Les occupants de l'immeuble, les employeurs des salariés amenés à y travailler, les médecins du travail et toute personne intervenant sur le bâtiment. La consultation doit être facile : le dossier n'a d'utilité que s'il est disponible au moment où une entreprise s'apprête à intervenir.

Qui peut établir un dossier technique amiante ?

Un diagnostiqueur certifié, couvert par une assurance professionnelle. La certification n'est pas une formalité : le repérage engage la sécurité des occupants et des intervenants, et un matériau manqué reste manqué jusqu'au jour où quelqu'un le perce.

Un immeuble antérieur à 1997 sans dossier à jour ? Nous établissons le DTA et son suivi.