Diagnostic technique global (DTG)
Le DTG évalue l'état général d'un immeuble en copropriété : structure, sécurité, équipements collectifs et performance énergétique, avec préconisations de travaux chiffrées sur dix ans.
Cadre réglementaire
- Définition
- Article L.731-1 du Code de la construction et de l'habitation.
- Contenu et modalités
- Décret n° 2016-1965 du 28 décembre 2016.
- Obligatoire quand
- En cas de mise en copropriété d'un immeuble de plus de dix ans, et lorsque l'administration le demande pour un immeuble présentant des signes de dégradation.
- Présentation
- Le DTG est présenté à l'assemblée générale, conformément à l'article L.731-3 du même code.
- Lien avec le PPPT
- Article L.731-2 : le diagnostic sert de base technique au plan pluriannuel de travaux.
À noterHors de ces deux cas, le DTG n'est pas obligatoire. Il reste l'outil le plus complet pour engager une gestion patrimoniale sur dix ans plutôt que de traiter les désordres au fil des urgences.
Qu'est-ce que le diagnostic technique global
Le DTG est un diagnostic complet qui évalue l'état général d'un immeuble en copropriété. Il analyse la structure, la sécurité, l'état des équipements collectifs et la performance énergétique, afin d'identifier les travaux nécessaires à court, moyen et long terme.
Réalisé par un professionnel qualifié, il constitue un outil de pilotage pour la gestion d'un patrimoine immobilier : il aide les copropriétaires à anticiper, à planifier et à arbitrer leur budget. Ce n'est pas seulement un état des lieux, c'est un document de décision.
Il s'inscrit dans un cadre réglementaire de plus en plus exigeant pour les copropriétés, marqué par l'arrivée du plan pluriannuel de travaux et par des obligations croissantes en matière de performance énergétique.
Ce que contient le diagnostic
Un DTG complet comprend cinq volets complémentaires, dont aucun ne se suffit à lui-même.
L'analyse structurelle porte sur les fondations, les murs porteurs, les planchers, les toitures et la charpente. Le diagnostiqueur identifie les faiblesses, infiltrations, fissures ou désordres susceptibles d'affecter la stabilité du bâtiment.
L'examen des équipements collectifs couvre les chaudières, les réseaux électriques, la plomberie, la ventilation, les ascenseurs, l'éclairage et la sécurité incendie. Le rapport précise les anomalies constatées, l'état de vétusté et les solutions envisageables.
Le volet énergétique, articulé avec le DPE, analyse l'isolation, les déperditions thermiques, la ventilation et la consommation des équipements communs. L'analyse financière en tire un plan prévisionnel, et les préconisations de travaux sur dix ans constituent la base du futur PPPT.
- Une analyse de l'état apparent des parties communes.
- Un examen des équipements collectifs.
- Une étude structurelle : murs porteurs, planchers, charpentes.
- Une évaluation de la sécurité des installations.
- Une analyse de la performance énergétique, en lien avec le DPE.
- Une estimation des travaux nécessaires sur dix ans.
- Un rapport de priorisation des interventions.
À lire aussiDPE collectifAudit énergétique de copropriété
DTG et PPPT, deux documents interdépendants
Les deux diagnostics sont liés et se lisent dans cet ordre. Le DTG établit l'état technique de l'immeuble ; le plan pluriannuel de travaux, encadré par les articles L.731-2 à L.731-5 du Code de la construction et de l'habitation et par le décret n° 2022-663 du 25 avril 2022, liste et planifie les travaux à réaliser sur dix ans avec un budget estimatif.
Les conclusions du DTG alimentent directement ce plan, en particulier sur la rénovation énergétique, la sécurité du bâtiment, la mise en conformité et les travaux structurels ou d'urgence.
Concrètement, un DTG récent raccourcit l'établissement du PPPT au lieu de le dupliquer : les relevés, les constats et les hypothèses de chiffrage sont repris tels quels. Mener les deux études sans les articuler revient à payer deux fois la même visite.
À lire aussiPlan pluriannuel de travaux (PPPT)
Ce que le DTG change pour la copropriété
Une copropriété sans diagnostic traite ses désordres à mesure qu'ils se déclarent. Les interventions d'urgence coûtent plus cher que les travaux planifiés, se votent sous contrainte et se financent par appel de fonds exceptionnel.
Le diagnostic inverse cette logique. Il identifie les pathologies du bâtiment avant qu'elles n'entraînent des réparations lourdes, et permet de distinguer ce qui est urgent, ce qui est nécessaire et ce qui est préventif.
Il facilite enfin le travail du syndic en assemblée générale : les décisions se prennent sur un état technique partagé plutôt que sur des avis contradictoires, et un immeuble entretenu conserve sa valeur auprès des acquéreurs comme des locataires.
- Anticiper les risques avant qu'ils ne deviennent des réparations coûteuses.
- Prioriser les travaux entre l'urgent, le nécessaire et le préventif.
- Préserver la valeur de l'immeuble.
- Éviter les dépenses imprévues.
- Donner au syndic une base claire pour l'assemblée générale.
- Préparer les travaux de performance énergétique et les dossiers d'aides.
Déroulé de l'intervention
L'étude se déroule en six temps, sur une durée qui varie généralement de une à quatre semaines selon la complexité de l'immeuble.
- 01
Visite du bâtiment et des parties communes
Examen de l'état apparent du bâti, des circulations, des locaux techniques et des abords, avec relevé des désordres visibles.
- 02
Analyse documentaire
Plans, rapports antérieurs, carnet d'entretien, contrats d'exploitation et historique des travaux et des sinistres.
- 03
Tests et relevés techniques
Vérification des équipements collectifs, de la sécurité des installations et des points de structure identifiés lors de la visite.
- 04
Étude énergétique
Analyse de l'isolation, des déperditions thermiques, de la ventilation et de la consommation des équipements communs, en lien avec le DPE.
- 05
Rédaction du rapport
Synthèse des constats, priorisation des interventions et plan financier prévisionnel sur dix ans.
- 06
Présentation en assemblée générale
Restitution aux copropriétaires, en langage non technique, pour que le vote se fasse sur des éléments compris.
Ce que vous recevez
PDF
Rapport de diagnostic technique global
Le document complet : analyse structurelle, équipements collectifs, sécurité, performance énergétique et constats détaillés.
Tableau
Préconisations de travaux à dix ans
Les interventions à envisager, classées par ordre de priorité. La base directe du plan pluriannuel de travaux.
Tableau
Plan financier prévisionnel
L'estimation des travaux poste par poste, pour anticiper les appels de fonds plutôt que de les subir.
Assemblée générale
Support de présentation
Une synthèse destinée aux copropriétaires, tenue en langage non technique.
Questions fréquentes
Le DTG est-il obligatoire pour notre copropriété ?
Dans deux cas seulement : lors de la mise en copropriété d'un immeuble de plus de dix ans, et lorsque l'administration le demande pour un immeuble présentant des signes de dégradation. Dans tous les autres cas il reste facultatif, mais c'est le seul document qui donne une vue d'ensemble de l'immeuble, structure et équipements compris.
Combien coûte un diagnostic technique global ?
Le prix dépend du nombre de lots, de la taille de la copropriété, de la complexité du bâtiment, de sa localisation et de l'ancienneté des installations. À titre indicatif, comptez de 2 000 à 4 000 euros pour une petite copropriété, de 4 000 à 7 000 euros pour une copropriété moyenne et de 7 000 à 15 000 euros pour une grande copropriété. Un devis précis suppose de connaître le nombre de bâtiments et de lots.
Quelle différence avec le PPPT ?
Le DTG décrit l'état de l'immeuble à un instant donné ; le PPPT projette dans le temps les travaux qui en découlent, les hiérarchise et les chiffre sur dix ans. Le premier constate, le second programme. L'article L.731-2 les articule explicitement : le diagnostic sert de base technique au plan.
Faut-il visiter les logements ?
Non. Le diagnostic porte sur les parties communes, la structure et les équipements collectifs. L'accès aux locaux techniques est en revanche déterminant : chaufferie, local ascenseur, colonnes montantes, combles et toiture-terrasse doivent être ouverts le jour de la visite, faute de quoi certains volets restent incomplets.
Combien de temps faut-il compter ?
De une à quatre semaines selon la complexité de l'immeuble, le nombre de bâtiments et la disponibilité des pièces. Nous construisons le calendrier à rebours de la date de l'assemblée générale à laquelle le diagnostic doit être présenté : la contrainte utile est celle de la convocation.
Notre immeuble a déjà un DPE collectif, est-ce suffisant ?
Non, les deux documents ne couvrent pas le même périmètre. Le DPE collectif traite la seule performance énergétique, quand le DTG y ajoute la structure, la sécurité et l'état des équipements collectifs. Un DPE collectif récent est en revanche une bonne base de départ : son volet énergétique est repris dans le diagnostic sans être refait.
Un immeuble à évaluer avant d'engager des travaux ? Nous produisons le DTG et le présentons en assemblée générale.
